Etoudi Gedeon 09:10:00
Elles se recrutent aussi bien dans les rangs des thuriféraires du Rdpc, que dans celui des milieux religieux.

Juin 2004. Pendant près de cinq jours, Paul Biya est donné pour mort dans une clinique genevoise. La fidélité de ses collaborateurs est mise à rude épreuve cette année-là.Dès l’annonce de son décès, certains de ses ministres étaient probablement pressés d’assister à ses funéraires, alors que ce sont les mêmes qui lui ont déclaré trois ans avant, leur motion de soutien et de déférence en prélude à la présidentielle de 2011. L’occasion a permis au président de la république Paul Biya de comprendre que beaucoup ne sont pas réellement sérieux lorsqu’ils l’appellent à se représenter pour un septième mandat en 2018. Aussi,Paul Biya a compris que certains thuriféraires du Rdpc n’hésiteront pas à le lâcher si jamais la situation tourne au vinaigre.

On a vu émerger des dauphins qui se déchirent ces derniers temps au sein de son parti. Face à la montée des appels à candidature, le chef de l’État, s’en est toujours amusé et il a toujours su en jouer.Il sait qui est vraiment sérieux et qui fait du théâtre politique. D’importantes sommes d’argent (55 millions Fcfa par la Lekié, 30 millions par le Nyong et Mfoumou et 25 millions par le Nyong et So’o) sont offertes pour financer la campagne du candidat du Rdpc, alors qu’il n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature. Malgré cela, le chef de l’Etat ne laisse rien paraître de ses intentions. Pour l’heure, deux camps s’affrontent : ceux qui appellent le président à briguer un nouveau mandat après 36ans de pouvoir et ceux qui veulent que le président prenne sa retraite.

Mgr Samuel Kleda : 

« Si Paul Biya aime ce pays, il penserait plutôt à une transition pacifique »
Dans une interview accordée à nos confrères de la Nouvelle expression le 05 décembre 2017, Mgr Samuel Kleda, président de la conférence épiscope du Cameroun, demande à Biya de ne pas céder aux sirènes de ses collaborateurs qui l’invitent à se présenter à nouveau en 2018. « Pour ma part, si réellement le président Paul Biya aime ce pays, il penserait plutôt à une transition politique en passant le pouvoir à une autre personne soit au sein de son parti le Rdpc, soit au sein de l’opposition », indique l’archevêque de Douala. Ce dernier ajoute que « s’il y a des élections libres et démocratiques au Cameroun,la vérité sera surprenante».

Mbombo Njoya : Il souffle le chaud et le froid

Le Sultan roi des Bamouns, l’un des plus puissantes autorités traditionnelles du Cameroun et ami de longue date du président Biya,ne mâche pas ses mots lorsqu’il faut dire la vérité au Chef de l’Etat. Le 20fevrier 2016 à l’occasion du grand meeting de l’Ouest visant à appeler le président Biya à briguer un septième mandat, Ibrahim Mbombo Njoya, se fendit en déclarations : « Cher camarade président national, au moment où nous sommes en train d’essayer d’écrire une nouvelle page de l’Histoire de notre pays, sachez, Excellence, que les clés du bonheur et du malheur de notre pays se trouvent encore aujourd’hui entre vos mains. Que Dieu Tout-Puissant puisse vous guider, comme toujours, dans le choix de la bonne clé ».

L’affaire a défrayé la chronique dans les médias nationaux. En clair, le sultan roi des bamouns posait ainsi les conditions pour une nouvelle candidature de Paul Biya en 2018. Plus nuancé, Mbombo Njoya a déclaré samedi dernier à Bangangté lors du meeting de remerciements du président Biya pour la nomination de Niat au poste de président du Sénat que les propos « quelque peu outranciers » de l’ambassadeur des Etats-Unis « condamnent » désormais le chef de l’Etat à se représenter. Toutefois, il a sorti un coup de massue en affirmant que « même si c’est pour y rester un mois et partir par la suite ».

Camer.be

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