Etoudi Gedeon 11:23:00

Alors que l'opération Rescue Finale piétine à Sambisa, les Nigérians ont sollicité les militaires camerounais pour une autre opération.

Jeudi dernier, les populations et les voyageurs sur la route nationale N°1 entre Maroua et Mora ont assisté à un déploiement de force inédit. «Au niveau du carrefour Meri, un convoi est passé vers 16h30. Il y avait au moins sept blindés, des canons attelés, des hélicoptères d'attaque (Mi24 ndlr) et de nombreux camions transportant des militaires. Le convoi se dirigeait vers Mora et probablement vers la frontière», témoigne Abdou un commerçant. D'autres sources ont confirmé ce franchissement de la frontière par les troupes d'élite de l’opération Alpha du Bir.

Les militaires du Bir étaient alors en train de faire la mise en place de l'opération Thunder 1. Elle a commencé le 19 décembre 2016. C'est clairement la plus grosse opération organisée par l'armée camerounaise en territoire étranger. Elle a pour but la reconquête de Gwoza et de ses alentours. Gwoza est une ville nigériane présentée en septembre 2014 par Abubakar Shekau comme la capitale du "sultanat " de Boko Haram. Les autorités nigérianes avaient déjà annoncé la reprise de cette ville, mais ne s'y sont pas installées et les membres de la secte l'ont tranquillement réinvestie.
Le Bir s'est donc élancé dans cette reconquête audacieuse, sans doute avec l'accord des autorités nigérianes. Il ne pourrait en être autrement, tant on les sait très sourcilleuses sur les questions de leur souveraineté. Thunder 1 était déjà en place quand des sources de première main nous ont appris que, «le chef des opérations nigérian les a sommés de revenir sur Bama pour finir le travail». Difficile de savoir ce qui a motivé la décision du général nigérian.  L'on se souvient que le président nigérian Muhamadu Buhari avait annoncé qu’aucun chef-lieu de circonscription administrative n'était plus aux mains de Boko Haram.

De même qu'il avait annoncé la fin de Boko Haram pour bientôt. Pour concrétiser ses dires, il avait autorisé l'opération Rescue Finale pour ratisser la forêt de Sambisa, réputée être le sanctuaire du commandement de Boko Haram. Des militaires nigérians et camerounais du secteur N°1 de la Force multinationale mixte notamment y sont engagés. Ils annonçaient la fin de la secte comme imminente. Seulement, la semaine dernière, les militaires nigérians ont entrepris une grogne. L'opération s'est figée en «des bombardements aériens d'avions et de drones». Certes, dans le souci de ne pas voir mourir cette opération, les forces armées nigérianes annoncent l'affectation d’une cinquantaine de militaires pour renforcer la 21ème brigade.
C'est celle qui est en première ligne de l'opération et devait "nettoyer le camp zéro", le poste de commandement de Boko Haram. En proie à la grogne de certains de ses éléments, elle a dû quitter sa position de Bula Bello pour une autre à Bama. L'on promet qu'elle va reprendre sa position à Bula Bello et que, bientôt l'assaut final va reprendre. Entre temps, l'aviation nigériane a détruit un véhicule suspecté par des services de renseignements à Gorgo lundi dernier. L'armée nigériane annonce aussi avoir tué 15 combattants de Boko Haram lors du ratissage de Masa et Gulumba Gana, des localités nigérianes. Un militaire des forces armées nigérianes a aussi été tué et un autre a été blessé lundi dernier. Du matériel de guerre aurait aussi été récupéré.

Aziz Salatou

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