Etoudi Gedeon 17:37:00
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La Tribune Afrique : Le Cameroun est en émoi depuis ce vendredi 21 octobre, suite au drame survenu, sur la ligne Douala-Yaoundé. Que s’est-il effectivement passé ?

Edgar Alain Mebe Ngo’o : Très tôt dans la journée de vendredi, il y a eu un effondrement qui est parti de la route qui lie Yaoundé à Douala. Cette route est névralgique pour l’économie camerounaise et pour celles des amis de la sous-région notamment la République centrafricaine et le Tchad qui n’ont pas de littoral maritime. Suite à cet effondrement qui a coupé la circulation entre Douala et Yaoundé, le gouvernement se devait d’activer les autres modes de transports pour assurer la mobilité des personnes et des biens. Mais il se trouve que depuis 8 heures du matin vendredi, les rumeurs, y compris dans les réseaux sociaux, annonçaient la circonstance d’un déraillement. Et ces informations étaient soutenues par des images d’un déraillement survenu en 2009.

Comment y avez-vous réagi ?

En ma qualité de ministre des Transports, j’ai réuni une concertation de crise qui avait pour but de réactiver les moyens de transports pour pallier la défaillance de l’axe routier qui avait été coupé. C’est ainsi que du côté du transport aérien, Camer Co a décidé d’intensifier et de densifier les rotations entre Douala et Yaoundé. Au niveau de Camrail qui est le concessionnaire de l’Etat pour le transport ferroviaire, il a été décidé en interne, je précise, d’augmenter les capacités du train voyageur. Puis, en ce qui concerne les transports routiers, les agences de voyage ont été mobilisées pour transporter les passagers jusqu’au lieu de l’effondrement pour qu’il y ait un transbordement qui puisse les emmener à Douala.

Compte tenu des rumeurs et tiraillements qui circulaient, les responsables de Camrail m’ont suggéré de faire démentir la nouvelle, parce que je devais intervenir à la radio à 13h. Je suis donc intervenu pour rendre compte des mesures prises pour assurer la mobilité des personnes et des biens et pour démentir les rumeurs qui circulaient déjà dès les premières heures de la journée faisant état d’un déraillement. Mais malheureuse coïncidence, quand j’interviens à 13h00, c’est à la même heure que le train déraille effectivement. J’ai conduis une délégation ministérielle au lieu du sinistre. Il y a eu 55 morts et 562 blessés, ainsi que des dégâts matériels très importants qui ne peuvent être financièrement estimables pour l’instant.

Quelles sont les mesures prises pour assister les victimes ?

Premièrement, la société Camrail du groupe Bolloré a procédé, hier, au redressement des voitures du train renversé qui se trouvaient dans les ravins, ainsi dans le but de sauver la vie aux personnes qui étaient incarcérées. Deuxièmement, le gouvernement a demandé à Camrail d’affréter un train spécial qui a transporté, à Yaoundé, tous les blessés ainsi que toutes les personnes décédées. Les blessés ont été admis dans différentes formations sanitaires et pris en charge par le gouvernement et Camrail. Naturellement, il a été prescrit l’ouverture d’une enquête judiciaire et d’une enquête interne pour élucider les circonstances de l’accident.

Quelles mesures pour la restauration des infrastructures détruites suite à ces incidents ?

Au niveau de la ligne ferroviaire, il a été demandé à Camrail de tout mettre en œuvre pour que la liaison ferroviaire soit rétablie au courant de la semaine prochaine.

Au niveau de la route, à l’heure où je vous parle, la circulation est rétablie entre Douala et Yaoundé. Le pont a été rétabli de manière provisoire parce que l’effondrement est très profond. Le ministre des Travaux publics, qui est compétent en la matière, va maintenant procéder à la réflexion pour la création d’une voie de contournement. Lorsque celle-ci sera réalisée, ses services se pencheront sur la rupture intervenue hier pour une résolution plus définitive.

http://afrique.latribune.fr ( Ristel Tchounand)

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Sources : Cameroun Liberty

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