Etoudi Gedeon 15:36:00

Protais Ayangma Archives

Dans son édito du lundi 24 octobre 2016, le patron du Quotidien Mutations accuse la malgouvernance et le manque d’anticipation des dirigeants camerounais.

L’ampleur de la catastrophe ferroviaire qui a fait plusieurs dizaines de morts et près de six cents blessés samedi à Eseka, a obligé Protais Ayangma, le propriétaire du Quotidien Mutations à commettre un de ses rares éditos. Dans le texte qu’il a signé le lundi 24 octobre 2016, celui qui préside également l’organisation patronale Entreprise Cameroun (Ecam) relève tout d’abord l’onde d’émotions provoquée par ce tragique accident. «Jamais autant d'images-chocs, images de la mort, de souffrance, de douleur n'auront autant circulé... Nous nous sommes tous retrouvés à partager nos douleurs, notre colère, nos images, des textes et images de dérision, des tribunes», écrit ce patron de presse.

Protais Ayangma pense que cette tragédie qui a fait tant de morts et surtout brisée «irrémédiablement» de nombreux destins aurait pu être évitée. «Nous sommes unis dans la douleur, mais aussi dans la colère, car à l'évidence cet accident n'était pas inévitable. Ce n'était un événement ni imprévisible, ni éruptif, ni insurmontable! Nous ne sommes pas ici dans le cas de figure du lac Nyos. La catastrophe du train d’Eseka était à coup sûr un événement évitable et surmontable», s’insurge-t-il avant de soutenir que «l'enchaînement des faits révèle des dysfonctionnements coupables à la fois de la part de nos gouvernants comme de la société Camrail, dont la lenteur de la réaction, questionnait». Il critique aussi le manque de communication de la part du Gouvernement, suite à l’éboulement qui a coupé l’axe Douala-Yaoundé en deux et la décision du Gouvernement de concert avec l’entreprise Camrail d’ajouter, sans en mesurer les risques, 8 wagons au trafic habituel pour satisfaire le maximum de voyageurs possible.

Protais Ayangma attendait également plus de compassion de la part des dirigeants camerounais, en tête desquels le Chef de l’Etat Paul Biya après ce drame. «Le Gouvernement et le pouvoir en place plus généralement, auront manqué l'occasion de surprendre les citoyens... ailleurs, on a vu des Chefs d'État interrompre des voyages officiels importants pour se rendre au chevet de leurs populations en détresse... Là, non seulement le Chef de l'État aura été cruellement absent ... mais ni le Président du Sénat, de l'Assemblée nationale, ni le Premier Ministre, pourtant présents au Cameroun, n'ont été visibles sur le théâtre des opérations! Dans ce chapelet de malheurs, la lueur d'espoir sera venue de ces populations de Eseka, qui sans moyens, ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour porter secours à ces innocentes victimes dans un élan de solidarité dont on se souviendra...» Regrette le patron de South Media Corporation.

Les évènements de vendredi dernier sont selon lui, les conséquences de la  corruption endémique et généralisée qui gangrène la société camerounaise, la malgouvernance, l'absence de réactivité de ceux qui nous gouvernent, l'absence d'un minimum d'anticipation et de plan de gestion de crise. Il appelle pareillement à la remise à plat «du contrat de concession de Camrail, de Camwater et même d'Enéo...et d'une manière générale, de tous les autres secteurs de souveraineté qui ont été concédés à des privés étrangers».

Auteur:

Wiliam TCHANGO

 [email protected]

 @t_b_d

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Sources : Cameroon Infos

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