Etoudi Gedeon 13:23:00

Dans la plupart des pays, la flotte présidentielle est l’un des sujets favoris de l’opposition au pouvoir en place. Cette dernière dénonce fréquemment des gabegies et des choix dispendieux qui relèvent davantage de caprices personnels que de critères pratiques. 

L’Afrique n’échappe pas à ces procès. Malheureusement, quand, par le jeu de l’alternance politique, les « chevaliers blancs » de la démocratie se retrouvent à la tête de l’État, dans la plupart des cas, ils s’accommodent très vite des excès qu’ils dénonçaient quelques mois plus tôt.

À quoi sert un avion présidentiel ?

Depuis une vingtaine d’années, les États africains ont diversifié leurs relations et leurs coopérations internationales. Les voyages des présidents ne se limitent donc plus au seul continent européen. La plupart des chefs d’État se rendent fréquemment en Asie, en Chine notamment, au Moyen-Orient ou sur le continent américain. L’avion présidentiel est un attribut indispensable du pouvoir. Il doit être opérationnel afin de permettre aux présidents et à leurs équipes de travailler et de communiquer avec n’importe qui et à tout moment ; cet avion doit être confortable afin de permettre aux utilisateurs de se reposer, de se laver et de se changer ; il doit aussi être fiable, sécurisé et dans un parfait état. Enfin, il véhicule l’image du pays.

Quels avions ?

Ce sont souvent des avions de ligne réformés type Boeing ou Airbus. Par exemple, un A320 offre 90 m² d’espace utile, les A340 ou A330 offrent plus de 200 m² et l’A380 atteint les 400 m². Le célèbre Air Force One de la présidence des États-Unis est un Boeing 747 revisité. Quant aux compagnies Dassault et Mc Douglas, elles se sont spécialisées dans les avions d’affaires. Leur catalogue propose des modèles très complets et luxueux. Au niveau des aménagements, on trouve des avions équipés de chambres, de douches, de cuisine, de bureaux, mais aussi de leurres antimissiles, de coques blindés. Ces avions peuvent être ravitaillés en plein vol.
Dans la suite de cet article, vous allez découvrir les avions dans lesquels les chefs d’État Africains voyagent.

Algérie

En 2009, la présidence algérienne achète un Airbus A340-500 pour une valeur de 218 millions d’euros. Vu l’état de santé actuel du président Bouteflika, l’avion n’a volé qu’une trentaine d’heures.

Tunisie

La chute du président Ben Ali a jeté la lumière sur l’achat d’un Boeing 737-BBJ et surtout d’un Airbus A340-500 dont la valeur est estimée à 94 millions d’euros. Ce dernier est un puissant quadriréacteur dont la cabine VIP a été luxueusement décorée par Louis Vuitton.

Afrique du Sud

C’est sans doute l’un des dossiers les plus chauds du moment. Le président Jacob Zuma a déclenché les foudres de l’opposition en achetant un avion d’une valeur de 250 millions d’euros. L’avion peut transporter 30 personnes et il est équipé d’une salle de conférence, d’une chambre à coucher et d’une salle de bain. Il peut parcourir 14 000 km sans ravitaillement.

Niger

En 2014, le gouvernement a vendu l’avion présidentiel qui datait des années 1970 et a acheté un Boieng 737-700 pour une valeur de 30 millions d’euros. Cet achat a fait polémique, l’opposition reprochant au président Issoufou Mahamadou de dépenser de l’argent alors que le pays est l’un des plus pauvres du monde et que la famine menace.

Mali

L’achat d’un luxueux jet (28 millions d’euros) sous prétexte que l’ancienne flotte n’était plus fiable techniquement parlant a déclenché les foudres de l’opposition. Cette dernière rappelle que le Boeing présidentiel avait été révisé à Miami en 2012 et qu’il possédait des papiers en règle.

Côte d’Ivoire

Dès son accession au pouvoir, le président Alassane Dramane Ouattara (ADO) indique qu’il va reconstituer la flotte présidentielle. En quelques mois il acquiert un Boeing 727 et précise qu’il va en acheter un second. Il dispose déjà de plus de 10 appareils, dont plusieurs Gulfstream, un Airbus et un hélicoptère. C’est plus que les deux Air Force One du président américain.

Tchad

Le président Idriss Déby peut utiliser 4 avions différents (deux Boeing (B737 et B767) un Hawker et un ATR-24. Le Boeing Business Jet est un petit bijou de technologie et il a été très bien aménagé. Idriss Déby a également fait acheter des hélicoptères et quand il se déplace par voies terrestres, il utilise des Hummer ou des GMC comme le président Obama, voire de très puissants Toyota V8.

Sénégal

Dans cette liste des excès présidentiels, les choix du président Macky Sall dénotent. Ce dernier a vendu l’ancien avion présidentiel et il n’utilise qu’un seul avion, l’Airbus A319 qu’Abdoulaye Wade, son prédécesseur avait acheté en 2010.
Les avions présidentiels sont des moyens de transport normaux dans un monde moderne où les échanges internationaux et les relations d’affaires influent tant sur le développement des pays. Néanmoins, des excès peuvent produire l’effet inverse en alimentant les doutes des interlocuteurs.

Sources : AFRIZAP

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