Etoudi Gedeon 02:47:00


En effet, alors que le gouverneur de la région de Diffa dont relève Bosso, affirme que la ville est sous le contrôle des forces armées nigériennes, le bourgmestre de ladite localité dit le contraire. Pour ce dernier, la ville de Bosso est toujours entre les mains des islamistes insurgés de Boko Haram qui, dit-il, y ont hissé leur drapeau.

Difficile dans ces conditions de savoir où se trouve la vérité. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a péril en la demeure. Car aussitôt après l'inhumation des soldats tués, le président nigérien, Mahamadou Issoufou qui a décrété un deuil national de trois jours, s'est envolé pour N'djamena au Tchad où il a rencontré son homologue Idriss Deby Itno. A l'occasion, le numéro un des Nigériens a demandé l'appui du Tchad pour lutter contre les fous d'Allah qui, par cette récente attaque, ont donné la preuve qu'ils disposent encore d'une force de nuisance redoutable.

Mahamadou Issoufou a eu chaud car il a pris toute la mesure du danger
On comprend dès lors pourquoi le président Issoufou a choisi de faire une virée au Tchad. La première raison tient au fait que c'est N'djamena qui abrite la force mixte multinationale dont le but est de lutter contre Boko Haram qui, rappelons-le, aura fait au bas mot, près de vingt mille victimes en un an seulement, sans compter les nombreux villages rasés ou incendiés.

La dernière raison est liée aux hauts faits d'armes de Deby en matière de lutte contre le terrorisme. On se rappelle, en effet, que ce sont les troupes tchadiennes qui avaient donné du fil à retordre aux djihadistes du Nord-Mali. Grâce à leur courage, les Deby boys avaient réussi à libérer le massif montagneux des Ifoghas de ses teigneux occupants. Et ce n'est pas tout. Car, si la ville de Maïduguri, au Nigeria, n'est pas devenue un califat de Boko Haram, c'est grâce aux hommes du Sahel Warrior qui avançaient là où décampaient les soldats nigérians dès le premier coup de feu de l'adversaire.

Pour toutes ces raisons, Mahamadou Issoufou se devait de courir à Ndjamena, dans un grand frou-frou de boubou, toutes affaires cessantes et le bonnet bien vicé sur la tête, si tant est qu'il ne veuille pas voir son pays sous coupe réglée des djihadistes. Il a eu chaud car il a pris toute la mesure du danger que représente la meute de chacals qui a endeuillé Bosso. Il a donc fait preuve non seulement de réalisme, mais aussi d'humilité mâtinée de raison. C'est tout à son honneur.

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