Etoudi Gedeon 09:00:00

Depuis le 18 février 2016, Patrice Sohna, 41 ans, séjourne dans la cellule du GMI n°1, unité de police dans l’enceinte de l’Ecole de Police de Yaoundé. Il fait l’objet de garde à vue administrative ordonnée par le Gouverneur de la région du Centre, pour «trouble à l’ordre public et incitation à la rébellion».

Selon Le journal Kalara paru le mardi 1er mars 2016, Patrice Sohna, président de la section UPC de Yaoundé II, a été interpellé au Boulevard du 20 mai alors qu’il présentait aux passants trois pancartes aux messages hostiles à la candidature de Paul Biya aux prochaines élections présidentielles.
«Un nouveau mandat présidentiel de M. Biya est de trop, suicidaire et compromettant pour l’avenir du Cameroun», affichait-il dans la rue. Mais aussi, le principal sujet de sa communication était «l’appel à la candidature du Pr Owona Nguini à la prochaine élection à la Présidence de la République, gage de savoir-faire et de crédibilité». La troisième pancarte portait le message selon lequel il n’y pas de «super camerounais» tous étant «égaux devant la loi».
«Un acte assimilé au grand banditisme par M. Otto Wilson, le gouverneur de la région du Centre. Lequel a donc décidé de lui ôter la liberté d’aller et venir pour une durée de 15 jours. Une décision prise le 19 février 2016 par arrêté du gouverneur», nous apprend le journal. Samedi 27 février 2016, Patrice Sohna était à son dixième jour de détention et c’est seulement à cette date qu’il a pu parler aux représentants de la Commission nationale des droits de l’homme.
Les tentatives de ces derniers à entrer en contact avec le détenus avait été vaines deux jours durant. «Nous nous occupons seulement de garder M. Sohna et n’avons rien à voir avec les raisons de sa mise en garde à vue. Rapprochez-vous du gouverneur pour obtenir l’autorisation de communiquer avec vous», leur avaient poliment répondu les geôliers.
Le détenu déclare que l’orde venait d’un «Monsieur assis dans son imposant 4×4» portant un badge de la présidence de la République. Il dit aussi n’avoir jamais reçu l’arrêté du gouverneur qui ordonne sa garde à vue administrative. Patrice Sohna dit avoir pu prendre un bain quatre jours après son arrestation, il n’a pas eu droit à l’assistance d’un avocat et son téléphone ne lui a pas été restitué.

Géraldine IVAHA

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