Etoudi Gedeon 14:25:00

Après avoir pris quelques heures pour "digérer", j'ai enfin pu regarder les photos et même la vidéo qui montrent le drame de Monique à l'hôpital Laquintinie ce jour. Mes doutes se sont vites envolés. Je dois parler. En 2004, alors que je donne difficilement naissance à ma première fille sur une table en bois façon table de salle à manger, je me pose quand même malgré moi des questions sur les pratiques qui ont cours ici. 

Moi j'avais de la chance, j'avais donné une enveloppe consistante au Dr de garde qui m'avait laissé aux mains dorénavant donc bienveillantes des accoucheuses et autres... j'étais la blanche au pays des Noirs. J'ai d'ailleurs un temps songé à faire un livre de ces moments inattendus et cocasses de tristesse, mais les joies de l'enfantement l'ont emporté. Je fini par donner naissance à la petite Ngon'Iton à minuit alors que je suis sur la table dure depuis 6H du matin, et que suis à ma 2eme perfusion pour le déclenchement d'accouchement, et surtout qu'on m'a annoncé qu'au plus tard à 10h j'aurais terminé. 

Environ 1h plus tard je tombe dans les pommes dans les bras de ma pauvre maman. Déjà en salle commune d'accouchées, on me ramène en salle d'accouchement. un peu après mon retour à moi, autour de 4h du matin, une famille arrive complètement paniquée avec une femme à terme avec un énorme ventre. Elle est sur un brancard que pousse un parent. Le personnel demande de la garer juste près de moi. Eux attendent dehors en pensant qu'on s'occupe d'elle et qu'on la réanime. A l'intérieur, une infirmière appelle le Dr de garde et lui dit :" il y a des gens qui ont amené une femme ici, ils disent qu'elle est à terme, elle n'est plus consciente, et il lui ont mis les herbes sur le corps. Ils étaient chez le marabout. 

Elle rapporte ensuite aux autres infirmières qu'ils faut faire comme d'habitude, on la laisse là. ça leur apprendra à aller chez les marabout avant de venir à l'hôpital! Ma mère était effaré. Nous n'avons jamais su si la femme était vivante où morte. Moi je me suis toujours interrogée sur les enfants. Il parait qu'elle attendait des jumeaux. Ils ont du manquer d'air. Le matin, le médecin de garde est arrivé autour de 8h, à tourné autour de la dame, et à demandé aux brancardier de la conduire à la morgue. toujours sans la toucher...

Il y a 7 mois, je suis allée en catastrophe à l'hôpital général de Douala avec mon bébé de 18 mois après avoir échoué à lui baisser la température à la maison. Elle avait convulsé et j'avais appelé son pédiatre qui l'a reçu dès son arrivée au monde et suivi depuis. Il était alors minuit trente. Bien reçu à l'HGD où une femme pédiatre m'a placé en urgence vitale et fait interner sans caution, je suis installée, mais je trouve l'interrogatoire du médecin condescendant et désinvolte. 

5h après le début du traitement, au lieu de baisser, la température est plutôt montée, et ma fille se remet à montrer les signes qu'elle montrait à la maison juste avant de convulser. Je le signale au médecin qui est venu dans la salle d'hospitalisation pour prendre la température des autres enfants. 
Elle me répond:"vous les parents ci hein, vous allez tout nous montrer ici; donc la convulsion a déjà les signe avant-coureur? vous connaissez la convulsion? madame j'ai déjà donné un traitement à votre enfant, il n'y a plus rien à faire". 
La petite va convulser sur ces mots mémorables et intelligents, bien avant que le docteur ait eu le temps de sortir de la salle. 5 jours plus tard, la température n'était toujours pas maîtrisée, et j'ai entendu des vertes et des pas mures: "qu'est-ce que tu veux qu'on fasse, qu'on mette ton enfant au frigo pour la soigner? "votre enfant vit encore madame, estimez vous heureuse, un enfant qui meurt déjà n'a même plus la force de chauffer"; à 4h30 du matin, alors que la température dépasse les 41°, mon bébé dans les bras, je débarque dans la salle de garde des infirmières. 
L'infirmière de service les yeux rivés sur un minuscule poste de tv datant d'une autre époque et câblé sur Nina TV, elle me réponds laconiquement: "le docteur dort, il est trop fatigué, il va se réveiller à 5h, il faut seulement patienter". 
Le 5eme jour, la température toujours élévée, sans explication ni traitement particulier, je craque lorsque l'infirmière qui nous a reçu à l'arrivée me répond "je ne suis pas dans ce service aujourd'hui hein", et ajoute, "vous n'avez pas d'Efferalgan dans votre sac?" je venais de l'appeler au secours, alors que le thermomètre venait encore de franchir les 41°. J'ai foncé bébé dans les bras et hurlante au bureau du pédiatre en chef. 

Menaçant de quitter l'hôpital, ayant appeler tous ceux que je pouvais: journaliste, avocat, tontons, tatas, amis...C'est seulement à ce moment que j'ai pu entrevoir une attitude différente. J'ai enfin reçu une bassine et des conseils pour baisser la température manuellement. La petite a été mise sous traitement antibiotique. J'étais désormais fichée. Je recevais un pédiatre différent toutes les 02 heures, et on me pointait du doigt dans l'hôpital. La chef pédiatre avait parait-il dit que j'étais une maman trop stressée, mais une maman hospitalisé m'a confié qu'une autre maman dans la même chambre juste avant mon arrivée avait perdu son bébé dans les mêmes conditions, parce que les infirmières, toujours à la télé à regarder les séries, n'avez pas répondu assez vite à ses appels, et qu'elle ne voulaient faire de scandale...

Source : Facebook

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