Etoudi Gedeon 15:31:00

Une semaine après, le drame survenu à l’hôpital Lanquintinie de Douala continue de heurter la sensibilité des Camerounais au plus haut point. Cri d’indignation, émotions, larmes, tous les ingrédients étaient réunis samedi dernier pour faire de la manifestation des Camerounais du royaume de Belgique un succès. Ils étaient nombreux à l'ambassade du Cameroun à Bruxelles pour protester contre la dégradation du système sanitaire au Cameroun.

Venus de diverses villes du royaume de Belgique, ces Camerounais malgré le froid, ont bravé ces intempéries de la nature tout en scandant des messages hostiles aux autorités sanitaires du Cameroun.  Deux heures durant, ils ont manifesté sous le regard étonné des belges et des étrangers qui se demandaient d’où ils tiraient de telles ressources pour ainsi braver le froid.

Parmi les manifestants, il y avait des femmes, toutes aussi déterminées. " Nous sommes des mères d'enfants, nous avons accouché ici, dans les conditions meilleurs et au Cameroun, c'est le contraire".
Au Cameroun, on meurt dans nos hôpitaux parce qu'on est pauvre" a déclaré S. Kouayep. Sur les banderoles et les pancartes qu'ils brandissaient, l'on pouvait lire entre autres: "Trop c'est trop"; "Plus jamais de décès en couche" " RIP Monique Koumateke, tu es notre martyr", "Non à la barbarie sanitaire au Cameroun", "Je suis Monique Koumateke", "Je suis Koumateke Monique. Je suis morte avec mes jumeaux dans le ventre à l’hôpital Lanquintinie" etc.

Selon nos sources, bien avant la manifestation, les policiers ont appelé les organisateurs pour se rassurer que les manifestants ne sont pas des casseurs comme leur a signifié les autorités consulaires et diplomatiques du Cameroun à Bruxelles. Ce à quoi les organisateurs ont répondu " Nous n'avons jamais cassé quoi que ce soit à l'ambassade du Cameroun à Bruxelles "  Aux dires de l’un de ses organisateurs,
« les Camerounais de l’étranger tout comme de l'intérieure sont contre la dégradation du systême sanitaire au Cameroun. ».
Les manifestants dénonçaient  également le système de corruption, de népotisme et de clientélisme en vogue dans le secteur hospitalier camerounais. Pour  M. Enoh Meyomesse, écrivain, historien camerounais, venu  spécialement  de l’Allemagne pour cette activité
« La manifestation de Bruxelles, n’est  pas une manifestation pour soutenir qui que ce soit, c’est une manifestation pour dire aux autorités camerounaises que ça suffit »
Tour à tour devant les micros des médias présents, les manifestants ont expliqué les raisons de leur manifestation. Des touristes et autres curieux, malgré le vent violent n’ont pas hésité de faire quelques photos et de s'enquérir de la situation avant de continuer leur chemin. Cette manifestation s’est terminée à 16h 45 par des discours et la remise à la police d'un dossier de presse, rédigé par les organisateurs.

Ce document en lui même explique les raisons de la " dégradation du système sanitaire camerounais" et des « Manquements divers de la part des autorités camerounaises » Les manifestants, ont pris l’engagement de se tenir aux cotés du peuple camerounais pour réclamer leurs droits les plus élémentaires. Ils ont convenu de la prochaine étape de cette manifestation qui aura lieu incessamment.




Pour rappel, Dame, Koumateke Monique, 31 ans,conduite le samedi 12 mars 2016 à l'hôpital Laquintinie de Douala pour accoucher, arrive ayant déjà perdu connaissance. Elle n’est ni admise à l’hôpital, ni prise en charge, malgré son état critique. Finalement, un médecin vient constater son décès. Dépassé par cet abandon de la part des autorités sanitaires, l'époux de la décédée dépose le corps devant l’hôpital.

La sœur de la dame, dans le souci de sauver les enfants (des jumeaux), procède à une opération à la lame de rasoir et sort les enfants du ventre de la dame. Elle en sort, sous les cris des badauds agglutinés autour d’elle, un premier bébé. Elle le retourne entre ses mains. Il n’est plus vivant. Elle extrait du ventre, dont les intestins pendent, un second enfant. Un de ses petits pieds bouge. Elle essaie de le sauver. En vain. L’enfant finit par mourir. La scène se déroule à l’entrée de la maternité de l’hôpital Laquintinie, à Douala.

La famille de la victime, Monique Koumate, a témoigné dans la presse locale et expliqué que la femme était vivante à son arrivée aux urgences. Celle-ci n’aurait pas été prise en charge, faute de pouvoir payer la totalité des frais d’hospitalisation. La famille dit avoir supplié le personnel médical, en vain. Mais la version des autorités diffère : pour le ministre de la Santé, la femme enceinte était déjà morte à son arrivée à l’hôpital.

Depuis lors, des manifestations s'organisent à travers le Cameroun et même l'étranger pour condamner ces manquements de la part des autorités camerounaises. 

Sources : Le flux rss de camer.be

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