Etoudi Gedeon 09:13:00

Réduction des contrôles de police, absence de mesures de sécurité dans certains édifices publics et les lieux de plaisance à forte fréquentation humaine…Alors que les bombes humaines font feu de tout bois dans l’Extrême-Nord du pays, la capitale camerounaise baigne dans l’insouciance. Ici, on n’a pas tiré les leçons des événements survenus le mois dernier au Splendide hôtel et au bar- restaurant Capuccino de Ouagadougou, la capitale du Burkina-Faso.  [ads-post] 
Platinium Café, Black and White, Smile… Ces snacks chics de la ville de Yaoundé ont en commun de posséder des terrasses et une importante clientèle d’expatriés occidentaux. Mais ici, ce soir du vendredi 05 février 2016, aucun dispositif de sécurité n’est visible alors que les lieux grouillent de monde. Les gens entrent sans le moindre contrôle.

Au Platinium Café, un responsable avoue même que le détecteur de métaux acquis est depuis tombé en panne. «On a essayé de former notre propre comité de vigilance, on a pallié aux problèmes des vendeurs ambulants que nous ne contrôlons pas, nous avons maximisé le coût de la sécurité à telle enseigne qu’il n’y a plus de personnes qui soient présentes ici sans qu’on puisse savoir qui elles sont». Voilà à quoi tiennent les mesures de sécurité qu’on dit avoir prises au Smile.
Dans les faits, mis à part l’interdiction faite aux vendeurs ambulants d’accéder à l’établissement, les clients disent n’avoir constaté l’observance d’aucune autre mesure de sécurité citée par le gérant du snack.

Expériences
Pourtant, les attentats de Paris du 13 novembre (et plus récemment encore de Ouagadougou) ont montré que ces lieux de plaisances peuvent être la cible privilégiée en cas d’attaques terroristes. Ce jour-là, plusieurs terrasses de café avaient été attaquées à la mitraillette faisant de dizaines de victimes. Après l’attaque du Splendide hôtel et du bar-restaurant Capuccino, qui a fait une trentaine de morts à Ouagadougou le 15 janvier dernier, des pays de la région ont pris des dispositions.

Au Sénégal par exemple, «Grands hôtels, restaurants huppés, bâtiments officiels et représentations diplomatiques sont désormais gardés par des policiers casqués, équipés de gilets pare-balles et de fusils mitrailleurs», rapporte l’hebdomadaire Jeune Afrique (édition du 31 janvier au 6 février). A peu près le même dispositif mis en place dans la capitale du Cameroun au lendemain des attentats meurtriers de Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord du pays.
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Aujourd’hui, on observe comme une sorte de lassitude sécuritaire dans la ville de Yaoundé. Ici le dispositif de sécurité n’est plus visible dans les édifices publics, à quelques exceptions près. Dans les écoles, les ministères ou les agences de voyages, la vigilance s’est peu à peu effritée. Dans les artères de la ville, les contrôles de police nocturnes ont diminué et ceux qui en restent sont moins rigoureux. «Au plus fort de la mobilisation, chaque soir, je me faisais contrôler au moins une fois en partant de mon bureau pour la maison. On contrôlait mon identité, fouillait la malle arrière de ma voiture… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Les rares fois que je suis même interpelé, l’agent se contente de vérifier mon identité.», raconte un habitant de la ville, travaillant tard dans la nuit.

Alerte
Le danger n’a cependant jamais été autant présent. Boko Haram a depuis changé de stratégie, faisant des attentats kamikazes son nouveau mode de combat. Le mois de janvier 2016 bat d’ailleurs tous les records avec plus de 22 attaques pour 106 personnes tuées. Toutes les localités frappées jusqu’ici sont certes situées à l’Extrême-Nord du pays, mais, cela ne signifie pas que les villes intérieures en soient à l’abri, les capitales des pays comme la France, le Burkina Faso ou encore le Mali ayant récemment été touchées.

À ce sujet, les américains (qui comptent 300 agents officiels de renseignement au Cameroun depuis la mi-octobre 2015) estiment dans un rapport publié fin décembre et réactualisé en janvier que le Cameroun est la deuxième plus mauvaise destination au monde, après le sud Soudan. Selon le département d’Etat, l’insécurité que connait le pays aux frontières, peut rapidement déborder à l’intérieur.

Sources : Le flux rss de camer.be

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