Etoudi Gedeon 12:39:00

Le mariage interreligieux islamo-chrétien en Afrique est une réalité si complexe que toute affirmation un peu générale comporte le risque de passer à côté du vécu. Un foyer islamo-chrétien peut être le démenti le plus cinglant à tout discours sur la rencontre et le dialogue, comme il peut être, au contraire, le témoignage le plus éloquent que tout est possible entre frères et sœurs croyants qui s’acceptent.

Une première source d’incertitude et de confusion vient du fait que l’institution “mariage” elle-même est en pleine évolution dans les sociétés africaines. Diverses conceptions du mariage s’entremêlent et se chevauchent dans l’esprit des gens. Tous, chrétiens comme musulmans, portent en eux la notion traditionnelle du mariage qui est d’abord une alliance

entre deux familles et où l’avis et le sort des individus ne sont pas directement pris en compte.
L’islam présente une conception bien différente. Si le mariage est un devoir religieux, il est surtout un contrat, un acte juridique en vue de légitimer les rapports sexuels entre un homme et une femme.
De plus en plus, les Africains, en ville notamment, cherchent à entrer dans la modernité à travers le mariage civil, et l’État le demande explicitement.

Pour les chrétiens catholiques, le mariage est un sacrement avec ses exigences d’unicité et d’indissolubilité, témoignage de la fidélité de l’amour de Dieu. Le mariage entre deux personnes de confessions différentes s’inscrit donc tout d’abord dans cette complexité de la réalité même du mariage en Afrique.

La position de l’islam et du christianisme
La position de l’islam se trouve dans deux textes coraniques : la règle générale (Coran 2, 221) interdit le mariage d’un(e) musulman(e) avec un(e) non-musulman(e), sauf si ce(tte) dernier(ère) se convertit à l’islam. La seule exception possible (Coran 5,5) : le mariage d’un musulman avec une juive ou une chrétienne. Ce verset 5,5 implique que la liberté de pratique religieuse de la femme juive ou chrétienne soit respectée.

Mais même si le Coran admet cette exception, elle reste une chose “tolérée, mais blâmable”.
Dans l’esprit du texte de saint Paul en 1 Cor 7, 12-16, qui cherche surtout la paix et l’entente du foyer, l’Église a mis une barrière pour le mariage interreligieux.

Mais cette barrière peut être levée. L’évêque peut donner “dispense” de l’empêchement de disparité de culte, une fois que certaines conditions sont...

Sources : AregiaLedis.com

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