Etoudi Gedeon 09:13:00

Ils sont nombreux à y vivre malgré les conditions difficiles. Ousseini Camara, 48 ans, bouche édentée, fouille dans les poubelles pour survivre. Régulièrement couché, il souffre d’un mal de ventre chronique. Sa situation l’agace, mais ne sait pas vers quel saint se tourner pour dire son amertume. 
«Je n’ai jamais travaillé. Partout où je me rends pour chercher du travail, on me dit qu’il n’y a pas de travail moi. J’ai besoin d’argent pour me soigner». Son cri de détresse n’a jamais trouvé un écho favorable. En attendant que les bienfaiteurs lui répondent, il continue à compter sur les poubelles. 
L’histoire de sa vie est triste.
Ousseini explique qu’il a été appauvri par les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY). «Je suis un commerçant. J’étais un grossiste. Je vendais la cigarette en bordure de route à Yaoundé. Les agents de la mairie qui travaillent avec la CUY sont venus un jour ramasser toute ma marchandise», témoigne le «Nanga Boko». N’ayant plus de fonds de commerce, il est venu à Douala pour «se chercher» en laissant femme et enfants dans la capitale camerounaise, où ils croupissent dans la misère. Ousseini Camara passe ses nuits sur des vieux cartons dressés en forme de lit dans une ruelle d’Akwa.

Malgré la multiplication des rafles la nuit par les forces de maintien de l’ordre de la capitale économique camerounaise, les Sdf de ce quartier ne sont pas inquiétés. «Les policiers nous connaissent déjà, ils ne nous raflent pas. Ils savent que nous n’agressons pas. Mais qu’on travaille ici et qu’on n’a pas de maisons où habiter», lance l’un d’eux. La plupart des sans domiciles de ce quartier commercial excellent dans le lavage des véhicules des particuliers, même sans leur consentement. Au lieu de 2000 F CFA, ils nettoient les voitures stationnées sur les trottoirs à 500 F CFA, quatre fois moins cher qu’une laverie.

Ils rendent aussi des petits services à ceux qui en ont besoin, moyennant quelques pièces de monnaie bien évidemment. «On prend ce qu’on nous donne. Et les gens croient qu’on ne connait rien. On ne veut pas voler et aller perdre notre temps en prison», se justifie Ousseini. «Les Nanga qu’Akwa ne sont plus comme avant. Ils n’agressent plus en journée. Ils passent leurs temps à quémander et à proposer leurs services et rien de plus. Moi, particulièrement, je n’ai plus peur d’eux», confirme Tata M, un habitué du quartier Akwa.

18 ans de rue
Cheveux crépus, lèvres noirâtres et des habits sales, Talla Guy Francis est certainement l’un des doyens de la rue à Douala. Il accumule déjà 18 ans dans cette galère. Le jeune homme de 30 ans n’en donne pourtant pas l’air. Assis tout seul dans son coin ce jeudi au Boulevard de la Liberté, il espère recevoir une pièce de nous. Il refuse cependant de nous courir après. Comme ses compères, Talla Guy Francis n’a pas de toit. Pour subvenir à ses journées, il lave les voitures avec l’eau du forage qu’il puisse à côte du restaurant «White House», à quelques mètres de l’immeuble Socar. Il rit aux éclats quand on invoque sa vie et son futur.

«Ça me dépasse seulement.  Je vous assure. Je ne sais par où commencer. Je me débouille pour gérer mes journées. Je passe mes nuits dehors. Et je ne sais pas comment sera mon futur, c’est pour cela que je ris», lance-t-il, tout en forçant le sourire.
Plusieurs fois arrêté et jeté en prison, il a aussi plusieurs fois recouvré la liberté sans avocat, ni argent. Il lui arrive même souvent de penser à sortir de cette situation, mais ne sait par où débuter, ni pourquoi sa famille ne veut pas de lui.

Sources : Le flux rss de camer.be

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