Etoudi Gedeon 17:20:00
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C'est officiel, la plateforme de streaming vidéo la plus connue au monde est désormais présente en Afrique. Et pas que sur les marchés les plus matures ou ceux dans lesquels la bande passante est de meilleure qualité. Non. La disponibilité du service s'applique au continent dans son ensemble. Netflix a frappé fort, le 6 janvier. Pendant que son patron Reed Hastings s'exprimait dans une conférence à Las Vegas, la société a ouvert ses services dans 130 nouveaux pays, dont les 54 africains. Bien sûr, le géant américain va se heurter sur le continent à deux obstacles majeurs : la qualité de connexion à l'Internet et le prix des forfaits de données. Au Nigeria, par exemple, 2 gigas de données coûtent dans les 20 dollars, et une heure de Netflix, dans la plus basse des résolutions, consomme un giga.

Reed Hastings a balayé l'argument : « Nos ingénieurs talentueux testent en permanence de nouvelles compressions de données par un code plus avancé », a-t-il déclaré, faisant référence à un réseau de serveurs dans le monde entier qui permettent de télécharger 125 millions d'heures de vidéo chaque jour dans 60 pays. Le problème, c'est qu'aucun de ces serveurs ne se trouve en Afrique, même pas au Maroc.

En admettant que l'entonnoir de la connexion se résolve en quelques années, quelles seront les conséquences en Afrique de ce débarquement de Netflix ? Pour répondre à cette question, il faut regarder l'offre de près. Celle-ci sera la même à quelques exceptions près partout où le site est accessible : Netflix fonctionne un peu comme McDonald's ou Starbucks.

A ce jour, l'offre est essentiellement composée de contenu américain. Or en Afrique comme ailleurs, le contenu local est de plus en plus recherché par les téléspectateurs et les internautes. Les chaînes proposant ce contenu maintiendront donc à priori un avantage sur Netflix, lequel pourrait ne pas durer longtemps. Reed Hastings a en effet annoncé une enveloppe de 3 milliards de dollars pour la création de contenu local, partout où Netflix sera disponible.

Selon la rapidité avec laquelle ces fonds atteindront l'Afrique, et leur point de chute probable au Nigeria, en Afrique du Sud et au Kenya, c'est tout l'écosystème africain de la vidéo à la demande qui devrait donc connaître une révolution, et c'est bien à une explosion de contenus africains qu'il faut s'attendre, anglophones pour commencer, avec des séries TV, des courts et longs métrages. Auteurs et producteurs : au travail !

Une chose est sûre : la riposte ne se fera pas attendre. Déjà, le groupe médias le plus important du continent, le sud-africain Naspers, a réagi en lançant Showmax, une plateforme VOD, à la fin de l'an dernier. La bataille s'annonce dure et les acteurs traditionnels (IrokoTV ou Buni.tv), tout comme les nouveaux venus (Afrostream), devront rivaliserd'ingéniosité pour résister à la puissance de l'empire Netflix.

Serge Noukoué


Sources : Cameroonvoice Today!

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