Etoudi Gedeon 08:14:00

Au Cameroun, il y’ a deux sortes d’étudiants : Ceux qui vont loin avec les études grâce à l’argent et ceux qui s’arrêtent si tôt à cause de l’argent.  Chercher la différence, surtout en gardant à l’idée que chaque groupe peut encore se diviser en sous- groupe. Pour en venir à l’histoire tout aussi drôle qu’étranger de cet étudiant au parcours surprenant. 

Nous avons écouté par accident une conversation lors d’une soutenance organisée au sein de la faculté de science biomédicale et de la santé ancienne appelée CUSS. En effet, l’étudiant en question que nous préférons taire le nom dont les promotionnaires appellent « Doyen » défendait enfin son travail après 14 longues années dans cette école dont le parcours normal est de 7 ans dont de moitié. Selon les dire de ses anciens camarades en service depuis 6 à 7 ans venus le soutenir, « Doyen » serait entré avec eux CUSS en 2001.

Déjà à l’époque selon ces derniers, il avait passé 4 ans pour enfin « réussir » son baccalauréat série D. « Doyen n’a jamais été un étudiant brillant, encore moins moyen. Il aurait dû arrêter les études depuis longtemps si ses parents n’avaient pas assez de moyens » lance une de ses connaissances.
« Je ne comprends pas comment il a décidé de faire un cycle si loin sachant qu’il n’avait pas le potentiel pour tenir » s’interroge un autre. 
Et la réponse était tout à côté. Son papa clamait « enfin j’ai mon médecin ». Il se disait que le papa, un ponte du régime avait décidé de spécialiser ses enfants et ce usant de tous ses pouvoirs. Son premier fils titulaire d’une maîtrise en histoire est devenu magistrat, le suivant titulaire d’un BEPC est aujourd’hui Officier de police Troisième grade. Sa fille titulaire d’un CAP en dactylographie est devenue Administrateur Civil.

 Son dernier garçon, titulaire d’un bac de « Bonas » est entré à l’EMIA avant de mourir en formation à Koutaba en 2014, il avait un cancer que son père avait tout fait pour cafouiller afin que son fils entre dans la prestigieuse école de guerre. Revenu à notre médecin « Doyen », il avait repris chacune des classes durant son parcours au CUSS et n’avançait l’année suivante que grâce à l’intervention de son Ministre et PCA de père.

Il a quand même bravé les railleries et les souffrances et à partir de ce jour, après avoir soutenu et obtenu la mention « bien », « Doyen » va enfin découvrir le monde du travail. Et c’est sûr qu’il sera nommé Directeur de l’Hôpital Central de Yaoundé ou au moins Chef de quelque chose là-bas. Qui veut être son premier patient ?????

Oscar Ngaleu:camersenat.info 

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