Etoudi Gedeon 16:37:00

Mengang Bekono, directeur technique à l’Agence de régulation des télécommunications. Quelques opérateurs de téléphonie mobile annoncent la mise en place de la 4G. Quel regard porte le régulateur sur cette nouvelle technologie ?

Ces opérateurs ont obtenu de nouvelles licences pour exploiter les services de la 3G et de la 4G. Ils n’auront plus d’autorisation à prendre à l’ART parce qu’ils l’ont reçue au mois de mars dernier. C’est un document qui les autorise à déployer les services de la 4G et mettre en place  tous les équipements et matériels nécessaires pour son exploitation. Maintenant, il y a un temps pour la nouvelle technologie et un autre pour remplacer le système qui existait. Entre-temps, les deux systèmes continuent de cohabiter jusqu’à ce qu’on migre complètement vers une nouvelle. Avant cela, on fait des tests, on s’assure qu’elle fonctionne déjà bien et c’est à ce moment qu’on peut passer à la 4G techniquement.

Cependant, on ne peut pas dire que la 3G ait été une réussite totale, les abonnés ne cessent de se plaindre de la qualité du service…
L’ART n’a même pas encore testé les performances de la 3G et je ne peux pas dire que les opérateurs aient vraiment fait leurs preuves sur cette dernière génération. Nous sommes en train de préparer le contrôle pour certifier de l’effectivité de la 3G. Mais au niveau du  consommateur, certaines données peuvent s’afficher lui faisant croire que tout est ok. Seulement, la qualité  n’y est pas par rapport à ce à quoi on se serait attendu. Il devrait juste comprendre que techniquement, c’est une migration qui se fait d’une manière progressive. 

Alors pourquoi passer à la 4G et la vendre aux consommateurs si tout n’est pas  prêt?
C’est de la communication, une stratégie qu’utilisent les commerciaux pour vendre un produit, même si en réalité, ce produit n’existe pas encore. C’est une sorte de jeu de la concurrence entre les opérateurs, une publicité. Alors que techniquement, ils sont encore au niveau du perfectionnement de la 3G. Même s’ils ont déjà la 4G, il ne faut pas s’attendre à l’avoir maintenant dans les téléphones. Parce qu’il y a une génération intermédiaire que forcément les consommateurs et le grand public ne connaissent pas. Il s’agit, par exemple, de la 2,5G et la 2,75G. L’opérateur ajoute module par module, ce qui permet d’améliorer technologiquement le service. Ce sont les étapes qui donnent une meilleure condition d’écoute, en termes de voix, de signal de données, etc. C’est un processus de migration.

Mais la qualité de service ne s’améliore vraiment pas…
Tout ne dépend pas vraiment des opérateurs de téléphonie mobile. Nous avons constamment des réunions avec eux et ils se plaignent aussi du problème de réseau électrique. Le problème majeur, c’est l’instabilité du réseau électrique. Le système des télécommunications fonctionne avec l’énergie et quand il y a un souci, le groupe électrogène et les batteries viennent en renfort et cela coûte cher. Donc, pour qu’il y ait une meilleure qualité de service, le courant électrique devrait être disponible. S’il ne l’est pas, ça impacte sur la qualité du service et sur le tarif de consommation. En dehors du problème d’énergie, il y a celui de l’identification qui impacte aussi sur le fonctionnement des équipements. Il faut reprendre tout ce qui n’avait pas été bien fait et le système sera mieux géré. Ce sont des choses qui vont s’estomper avec le temps.

Sources : A la une aujourd'hui

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