Etoudi Gedeon 07:05:00
On voyait mal comment Donald Trump pouvait faire pire que donner l'impression de se moquer d'un journaliste handicapé, cautionner le recours à la torture ou proposer de ficher certains Américains en fonction de leur religion, et pourtant...


Dans un communiqué diffusé lundi 7 décembre dans la soirée, le candidat en tête de la course des primaires républicaines pour la présidentielle américaine de 2016 a appelé à ce que l'entrée aux États-Unis soit interdite aux musulmans "jusqu'à ce que les élus de notre pays comprennent ce qui se passe".
Pour étayer cette idée, le magnat de l'immobilier cite un sondage réalisé auprès de musulmans vivant sur le sol américain et qui affirme que "25% des interrogés sont d'accord avec l'idée que la violence contre les Américains est justifiée sous couvert du jihad" ou encore que "51% des musulmans américains voudraient avoir le choix d'être gouverné par la charia".

Sondages douteux
Une étude alarmiste toute droit sortie d'un institut de sondage habitué des polémiques. Comme l'expliquait en détail un blog publié sur le HuffPost en juillet dernier lors de la publication des données citées par Trump, le Center for Security Policy "a publié des dizaines d'articles, blogs et rapports focalisés sur le charia ou des sujets néfastes liés à l'islam".

Les auteurs de cette tribune (à lire ici, en anglais) dénoncent par ailleurs des méthodes de sondages non représentatives, des questions pièges ou qui influencent les sondés, et des nuances majeures dans les réponses tronquées dans les synthèses publiées.

Une source que Donald Trump a donc cru bon de citer avant de conclure : "Quelle est l'origine de cette haine et sa raison? Nous devrons le déterminer. Jusqu'à ce que nous soyons capables de comprendre ce problème et la menace dangereuse qu'il représente, notre pays ne peut pas être victime d'atroces attaques de la part de gens qui ne croient qu'au jihad et n'ont aucun respect pour la vie humaine".

"Un fasciste démagogue"
L'annonce n'a pas tardé à déclencher une avalanche condamnations. En marge des internautes outrés de lire une telle propositions, le candidat démocrate Martin O'Malley a estimé que "Donald Trump dissipe tous les doutes: il fait campagne pour la présidence en tant que fasciste démagogue".
La Maison Blanche aussi a réagi en dénonçant une mesure "contraire à nos valeurs en tant qu'Américains" par la voix de Ben Rhodes, proche conseiller du président Barack Obama. "Le respect de la liberté de religion est inscrit dans notre Déclaration des droits", a-t-il rétorqué sur CNN.

Sources : Le Huffington Post

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