Etoudi Gedeon 19:44:00

Le fait est suffisamment grave pour le relever. Au Cameroun, plus de la moitié des femmes souffrent de violences de toutes sortes. Selon le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, «les enquêtes les plus récentes montrent que 55% des femmes/filles ont subi au moins une forme de violence au Cameroun». Cette révélation a été faite dans une lettre adressée aux familles camerounaises datée du 25 novembre dernier, informe le quotidien Mutations en kiosque ce 9 décembre 2015.

Sans toutefois indiquer la période concernée par ces statistiques, le journal souligne que Mme Abena Ondoa (MINPROFF) rappelle dans sa lettre la nature de ces violences dont sont victimes les filles et femmes camerounaises: ces menaces sont des bastonnades et autres sévices corporels, les viols, l’inceste, les insultes et les traitements infâmants. La ministre ne s’arrête pas là: «Je parle de ces nombreuses filles contraintes de se marier avant l’âge de la majorité, qui croupissent sous le poids de la maternité, de celles-là qui ne peuvent pas poursuivre leurs études du fait des discriminations, d’une socialisation prédestinant les filles aux tâches reproductrices», écrit le ministre dans le cadre de cette campagne dont le thème est «De la paix à la maison à la paix dans le monde: une éducation pour tous», lit-on.

Les veuves ne sont pas en reste. Elles sont «victimes d’ostracisme, d’isolement et de stigmatisation, accusées de mille maux, accusées d’être à l’origine de la mort de leurs maris… Que dire alors des mutilations génitales féminines, du harcèlement sexuel, du trafic des femmes et de ces travailleuses domestiques au salaire dérisoire, parfois contingent et incertain», poursuit la ministre.

A l’occasion de la 9ème édition de la campagne mondiale «16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes au Cameroun», la MINPROFF a tenu à rappeler que «les violences faites aux femmes désignent tous ces actes et attitudes qui infligent des souffrances physiques, psychologiques ou morales aux femmes et aux filles, y compris la menace de tels actes». Marie Thérèse Abena Ondoa invite les uns et les autres à une meilleure considération de la femme en sa qualité d’être humain à part entière.

La campagne mondiale «16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes» (du 25 novembre, Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, jusqu’au 10 décembre) a été instituée par les Nations Unies en 2007 dans le but de sensibiliser et de faire des plaidoyers en vue de l’éradication des violences faites à la gent féminine.

Onana N. Aaron

Sources : Cameroon-Info.Net HeadLines

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