Etoudi Gedeon 09:27:00

Le débat ne cesse donc de s'enfler au Cameroun et même dans d'autres pays de la sous-région Afrique centrale sur le maintien ou non du franc CFA comme monnaie.


Des pays comme le Tchad par l'entremise de son président, Idriss Deby Itbno ont clairement exprimé leur volonté de créer leur propre monnaie différente du franc CFA. Mais, pour le gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama, qui était face à la presse jeudi dernier à l'issue de la 3e session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, « c'est une volonté de la sous-région de garder cette monnaie, de négocier en temps opportun ».

Bref, la question de sortir du franc CFA ne se pose pas pour le moment, ce d'autant que les produits d'exportations sur lesquels sont basées les économies des pays de la sous-région, principalement le pétrole, sont en crise. Cette monnaie reste donc l'alternative qui correspond aux structures de ces économies. Pour le gouverneur de la BEAC, cette monnaie offre des avantages certains aux utilisateurs, notamment, la stabilité et la discipline. En plus ajoute Lucas Abaga Nchama, le franc CFA est une monnaie stable, il est plutôt question de pérenniser le maintien de la stabilité de cette monnaie. Car, estime-t-il, « c'est une condition importante, si on veut avoir une croissance qui permette d'aller vers l'émergence économique ».

S'agissant des perspectives économiques de la sous-région évaluées lors de cette session du CPM, la 3e de l'année, celles-ci ne sont toujours pas bonnes. Avec notamment des contreperformances enregistrées au niveau du secteur pétrolier, donc la chute continue des cours du baril du pétrole à l'international depuis juin 2014, laquelle affecte la demande intérieure. Mais également, l'impact des agissements de la secte Boko Haram, tout cela continue d'obérer les activités économiques des pays de la sous-région Afrique centrale, note le CPM.

Par conséquent, les prévisions de croissance faites par le CPM pour l'année 2015 ne seront pas atteintes, elles sont même revues à la baisse. Initialement projeté à 4,3% au mois de mars 2015, le taux de croissance de la sous-région a été revu à 2,8% au mois de juillet dernier, et cette fois-ci, il a atteint le niveau de 2,5%.

Par contre, le CPM relève un allègement des tensions inflationnistes à 2,8%, pendant que le déficit budgétaire lui est en hausse, soit 4,2% du Produit intérieur brut (PIB) de la sous-région. Du fait de la chute des importations, le CPM note aussi une persistance du déficit extérieur courant à 11,4% du PIB, et un taux de couverture extérieure de la monnaie de 70,1%, alors qu'il était de 90% il y a trois mois.

Tenant compte de tous ces paramètres, le CPM a décidé de maintenir inchangé le principal taux directeur de la BEAC à 2,45%, pour donner une bouffée d'oxygène au niveau du inancement des économies de la sous-région et booster la croissance en 2016, a expliqué le gouverneur de la BEAC, par ailleurs président du CPM. Sur la question relative aux réserves de change, le CPM a dit avoir pris connaissance de la situation à fin septembre 2015, et approuvé la stratégie de gestion des réserves de change pour le 4etrimestre 2015.

En termes de recommandations, Lucas Abaga Nchama a une fois de plus réitéré la nécessité pour les Etats de la sous-région de diversifier les sources de revenus et engager certaines réformes, afin de réduire le train de vie des Etats, tout en consolidant l'intégration sous régionale.
Blaise Nnang

Sources : Cameroonvoice Today!

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