Etoudi Gedeon 08:33:00


Deux villageois ont perdu la vie dans la bourgade de Zigué, sur la nationale n°1, au cours d’une incursion de Boko Haram. Les victimes sont un homme âgé répondant au nom de Iba Abdou et une handicapée du nom de Fanne Libi. 

Cette nuit du 8 novembre, les terroristes ont également incendié plusieurs cases. Après leur forfait, ce groupe composé d’une dizaine de terroristes s’est rendu à motos dans le village Anguigo Wadi, non loin de Dabanga, pour à nouveau semer la désolation. Selon diverses sources locales, les terroristes ont emporté des denrées alimentaires. Toutes les nuits, les scènes similaires sont enregistrées. Dans la nuit du 6 au 7 novembre 2015, des cases ont été incendiées dans les localités de Gakara et Malabrahim.

Face à l’intervention de l’armée, les assaillants ont interrompu leur progression vers la bourgade de Kouyape. «Ils refusent le contact. Chaque fois que l’armée intervient, ils prennent la poudre d’escampette. Le problème, c’est que l’armée ne peut être partout à la fois et que nous sommes attachés à nos villages. Partir, ce serait offrir à ces terroristes la victoire sur un plateau d’argent», explique un riverain de Zigué.

Toujours la même nuit du 6 novembre 2015, une trentaine de cases dans le village Amchidiré, sur la nationale n°1 entre Waza et Dabanga, ont été incendiées. Cette incursion sera toutefois meurtrière pour les terroristes car au cours de leur repli en direction du Nigeria, six d’entre eux trouveront la mort dans les environs de Gassama. Ils ont sauté sur des mines qu’ils avaient eux mêmes posées pour piéger l’armée camerounaise. Si Boko Haram se montre actif, il se heurte toutefois à une grande combativité de l’armée camerounaise et des comités de vigilance.

En trois jours, ce ne sont pas moins de cinq tentatives d’infiltration dans la ville de Kerawa qui ont été stoppées par l’armée camerounaise. La dernière s’est déroulée dans la matinée du 8 novembre 2015. Deux jours avant, la déroute avait été telle que les assaillants ont abandonné sur place une arme. Ce détail peut apparaître anodin, mais au moment où les voies de ravitaillement sont devenues rares, la secte terroriste abandonne rarement, sauf cas de force majeur, armes et munitions sur le théâtre des opérations. «Ils préfèrent perdre des hommes que de perdre une arme », avance un militaire stationné à Kerawa.

© L’Oeil du Sahel : WENAÏ DAVID

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